De l'origine des acouphènes

Quelles sont les causes probables des acouphènes ?

Il y a plusieurs façon de se présenter. Dans le cadre de cet article, je serais malentendant, ayant souffert d'une maladie de Ménière avec vertiges et acouphènes. De cette façon, vous comprendrez que c'est cette expérience, pour ne pas dire souffrance, qui m'a amené là où je suis aujourd'hui : à la tête d'un centre spécialisé dans le traitement des vertiges et des acouphènes. Une partie de mon parcours professionnel en psychothérapie m'a donné la chance de pouvoir écouter de manière privilégiée de nombreuses personnes, dont beaucoup souffrant d'acouphènes. Une trame s'est dessinée, des connexions se sont faites, je vous les partage ci-dessous.

C'est une souffrance que je connaît fort bien pour l'avoir aussi vécue de l'intérieur. C'est le premier point que je voulais aborder avec vous aujourd'hui. Cette souffrance, au-delà du son strident que l'on peut percevoir, c'est aussi le sentiment d'être seul, incompris, sans solution, abandonné. Une souffrance psychologique qui s'ajoute à la souffrance sensorielle. Une souffrance psychologique qui souvent fini par être plus importante que l'acouphène lui-même.

Quelles sont nos options quand on souffre d'acouphènes ? L'ORL, l'oto-rhino-laryngologiste, ou l'audiologiste pour nos amis québécois (de l'anglais audiologist). Pour moi c'est déjà un premier problème. L'ORL n'est pas un psychologue, l'ORL n'a pas vécu ce que vous traversez mais a des connaissances médicales sur le sujet (et encore bien limitées, tant restant à découvrir sur le sujet !).

Est-ce qu'une "blouse blanche" est l'accueil dont un acouphénique a besoin ? Je ne pense pas. L'acouphénique a besoin de pouvoir parler, il a besoin de partager sa douleur, son désarroi. Il réclame de l'empathie, il a soif de se sentir compris, écouté. Alors, sans cette écoute, il risque de s'accrocher au savoir médical, il veut une solution, il veut que ça cesse !! Et tout de suite.

C'est à ce moment que le couperet tombe. "On ne peut rien faire contre les acouphènes." Trop souvent entendu chez l'ORL, cette phrase fait l'effet d'une bombe sur l'acouphénique, déjà au bout du rouleau. D'espoir il passe à désespoir. Certains ont des pensées noires, d'autres repartent en croisade : je veux une solution, il doit bien en exister une !

Maintenant, c'est le parcours classique faisant suite à la visite chez l'ORL. L'appareil miracle de "neuromodulation" (c'est bien la neuromodulation, c'est nouveau, c'est tendance, ça fait sérieux, mais personne ne comprend ce que ça veut dire), le "masqueur d'acouphène", les fameux "bruits blancs", ou maintenant roses, brun, bientôt on aura toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Les compléments alimentaires "pour lutter contre les acouphènes", le fameux Ginko Biloba que presque tous les pharmaciens proposent. L'acupuncture, l'ostéopathie. Puis les anti-dépresseurs et anxiolytiques pour dormir, pour "tenir le coup", le cocktail de médicaments qui assommerait un éléphant : "pour que votre cerveau oublie l'acouphène".

Toutes ces méthodes, je les ai testées, personnellement. Et quand on n'empire pas la situation, parce que oui, parfois ça aggrave l'acouphène, rien ne se passe, ou alors un bref répit et l'acouphène repart de plus belle. Sans compter que tout cela est ruineux, jugez plutôt : l'appareil de neuromodulation ? 3500 euros. Le masqueur d'acouphènes ? 2000 euros (par oreille, s'il vous plaît). Et la prise en charge par la sécurité sociale (en France, au Canada) ou l'AI (en Suisse) ? Une misère.

Et c'est souvent à ce moment qu'ils viennent me voir. La première chose que je leur dis est que je comprends leur souffrance pour l'avoir traversée moi-même. La deuxième chose : il n'existe pas de solution miracle. La troisième : on ne se défait pas des acouphènes, on arrive à les mettre en arrière-plan.

On ne connaît pas toujours l'origine d'un acouphène

C'est la partie la plus difficile, parce que tout acouphénique qui se respecte va (se) poser cette question : pourquoi ai-je un acouphène, d'où vient-il ? En règle générale, un acouphène a plus de chance de survenir sur un terrain préalablement dégradé. Si vous avez eu des otites dans l'enfance par exemple, et si vous souffrez ou avez souffert de troubles ORL chroniques (sinusites, aphtes, ...). L'hyperacousie et la misophonie prédisposent également à avoir des acouphènes.

Abordons maintenant les causes les plus courantes à l'origine des acouphènes. J'ai essayé de rester succinct, mais la liste est longue, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

L'acouphène le plus facile à comprendre est celui qui fait suite à un traumatisme sonore, de la musique trop forte, un bruit soudain et violent, par exemple un coup de fusil. On n'y pense pas toujours, mais un bruit relativement fort et constant perçu pendant plusieurs semaines peut engendrer un traumatisme sonore, par exemple une climatisation poussée à fond.

Toujours le traumatisme sonore, mais version lente : les sons "toxiques". Les travaux du Pr Paul Avan démontrent qu'une exposition répétée à des sons compressés (MP3, FLAC, visioconférence, smartphone) pendant plusieurs années finissent par détériorer l'oreille interne, causant acouphènes et même vertiges. Nous y reviendrons plus loin dans cet article. Les aides auditives rentrent aussi dans cette catégorie.

Si si, vous l'avez bien lu, le port d'aides auditives peut à la longue provoquer des acouphènes et aggraver la perte auditive. Cela fera l'objet d'un autre article.

Ensuite vient le choc émotionnel. La perte d'un proche, un licenciement injustifié, l'annonce d'une maladie grave.

L'épuisement, le burn-out et la dépression.

Un classique, une infection de l'oreille : otite séreuse en tête.

Nouveau venu dans cette liste, le vaccin Covid et parfois le Covid. Cela représente désormais environ un quart de nos demandes de traitement.

Un traumatisme crânien suite à une chute, les suites d'un AVC ou d'une opération dans une zone proche des oreilles.

Une manipulation dans la région de la nuque chez l'ostéopathe ou le kiné, ça arrive parfois aussi malheureusement.

La prise d'un ou plusieurs médicaments ototoxiques (voir plus bas).

Enfin, pour terminer la liste, la cause reste inconnue. Ou peut-être vous n'aviez pas simplement lu cette liste au préalable, et du coup, la cause n'est plus inconnue !

Quel dommages sur l'oreille ? Est-ce réversible ?

Quelle que soit l'origine de votre acouphène, votre oreille interne est sans doute endommagée. Mais pas toujours, et pas toujours de la même façon. Cela dépend de la cause de l'acouphène. En règle générale, c'est soit l'oreille interne qui est touchée, soit le réseau nerveux associé.

Le traumatisme sonore bref

Le traumatisme sonore franchit les défenses de l'oreille, le réflexe stapédien limite les dégâts, mais ne suffit pas toujours. Par exemple, après un concert vous pourriez avoir les oreilles qui sifflent pendant la nuit, et le matin ou le lendemain ils disparaissent. Mais parfois ils persistent. Dans ce cas, on supposera que les cellules cillées de l'oreille interne ont été abîmées. On dira qu'elles sont cassées, ou couchées. Selon la médecine, ces dégâts sont définitifs donc irréversibles. Ce n'est pas tout à fait le cas, voir cette étude clinique !

Le traumatisme sonore continu

Le traumatisme sonore lié à un son continu, d'intensité forte à moyenne est censé causer les mêmes dégâts sur les cellules ciliées que le traumatisme sonore lié à un son fort et bref. Mais de façon plus lente, un peu à la manière d'une toxine, cela d'autant plus s'il est limité à certaines fréquences (voir plus bas). Parfois, cela est couplé à un stress post-traumatique. C'est-à-dire que l'idée d'être exposé encore une fois à ce bruit provoque anxiété et/ou panique. Il y a donc aussi un facteur émotionnel à traiter.

Les sons toxiques mériteraient à eux seuls qu'on y consacre un article entier. Commençons par l'explication d'un phénomène malheureusement méconnu.

Les sons toxiques

Les réflexes nerveux de l'oreille moyenne jouent un rôle essentiel dans la protection de la cochlée (dans l'oreille interne) contre les effets des bruits forts et/ou perçants. Les dernières données scientifiques (étude du Pr Paul Avan) montrent que la seule compression agressive de la gamme dynamique d'un signal audio peut causer des dommages irréparables aux circuits neuronaux du cerveau qui commandent ces réflexes de défense chez les animaux (cobayes) dont l'anatomie de l'oreille est très similaire à celle des humains. Ces preuves indiquent que la destruction irréversible des neurones et des synapses du tronc cérébral en est la cause. Ces dommages neuronaux irréversibles désactivent et épuisent les défenses de l'oreille moyenne, laissant l'oreille interne exposée aux dommages acoustiques spontanés et cumulatifs causés par des sons forts et/ou toxiques.

Les sons toxiques sont le fruit d'un traitement numérique d'un signal audio visant à améliorer son intelligibilité par exemple lors d'une visio conférence, ou de compenser la faible qualité de la source audio, par exemple lorsque l'on applique des effets sur un fichier musical type MP3 ou FLAC.

Sons toxiques et acouphènes

Le son traité numériquement n'a pas besoin d'être compressé dynamiquement pour produire des effets similaires sur la santé auditive. Il suffit qu'un bruit aussi intense soit limité à certaines fréquences et concentré sur celles-ci pour que l'audition humaine subisse de graves dommages. Cela a été amplement démontré par l'incidence répandue d'acouphènes graves chez les dentistes, car leurs fraises concentrent des niveaux de
bruit élevés dans des bandes de fréquences spécifiques. Le même phénomène pourrait se produire chez les porteurs d'aides auditives.

L'origine virale

Les infections virales de l’oreille interne sont beaucoup plus courantes que les infections bactériennes, mais on en sait moins sur elles. Une infection virale de l’oreille interne peut être le résultat d’une maladie virale systémique (qui influence le reste du corps, comme la mononucléose transmissible ou la rougeole) ; ou bien, l’infection peut être limitée au labyrinthe ou au nerf vestibulo-cochléaire. En général, une seule oreille est touchée.

Parmi les virus qui ont été associés à la névrite vestibulaire ou à la labyrinthite, on trouve les virus de l’herpès (tels que ceux qui déclenchent les boutons de fièvre ou la varicelle et aussi les bardeaux de toit), la grippe, la rougeole, la rubéole, les oreillons, la polio, les maladies du foie, ainsi que le virus Epstein-Barr. Divers autres virus peuvent être impliqués, mais ils ne sont pas encore identifiés en raison de problèmes liés à l’échantillonnage du labyrinthe et le risque de l’endommager. Comme l’infection de l’oreille interne est généralement déclenchée par une infection, elle peut suivre son cours et ensuite devenir inactive dans le nerf pour ensuite s’enflammer à nouveau à tout moment. Si vous souffrez d’une labyrinthite virale, elle ne touche normalement qu’une oreille. Il n’y a actuellement aucun moyen de prévoir si elle reviendra ou non. On appelle ça une labyrinthite chronique.

Ce type d’infection est plus courant que l’infection microbienne. Mais les professionnels de la santé en savent beaucoup moins à son sujet. Certains virus semblent être liés. Il s’agit de la rougeole, des oreillons, de l’hépatite, ainsi que des types d’herpès qui déclenchent des boutons de fièvre, la varicelle ou les bardeaux de toit.

Le choc émotionnel

Ce qui va suivre est le fruit de mon expérience de plusieurs années d'écoute de mes patients, dont certains souffrent d'acouphènes. Avant d'aller dans le vif du sujet, il est important de poser les bases sur lesquelles j'ai développé ma réflexion.

Le Dr A. Tomatis à l'origine de la méthode éponyme nous dit que les fréquences aiguës sont les premières perçues par le fœtus dans le ventre de sa mère. Elles sont associées à la voix maternelle. La première écoute, la première analyse des sons au niveau intra-utérin concernerait donc la voix de la mère, et serait fortement liée à l'attachement mère-enfant. Cela signifierait que l'enfant se dirigerait naturellement vers ces fréquences lorsqu'il aurait besoin d'être rassuré, réconforté. En résumé, ces fréquences seraient celles du substrat affectif primaire.

Pour moi, il était donc logique que dans certains cas, l'apparition d'acouphènes aigus fasse suite à un choc émotionnel. Deux cas de figure se présentent : un besoin de se reconnecter au substrat affectif primaire, de se rassurer. Ou plus directement, la perte d'une personne proche ayant une fonction maternelle, ou tout simplement de sa propre mère. Dans ce cas, l'acouphène viendrait, par sa présence, rappeler la voix de la mère dans ce qu'elle a d'archaïquement rassurant. Un rappel du "paradis perdu" en quelque sorte.

Le burn-out et la dépression

Quel rapport en burn-out, dépression et acouphène ? À ce stade, le lien paraît effectivement peu clair. Voici mon raisonnement.

L'oreille moyenne et l'oreille interne ont besoin, pour fonctionner correctement, d'énergie. Le burn-out et la dépression sont souvent corrélés à un épuisement général et une certaine apathie qui peuvent avoir comme conséquence une diminution des réflexes nerveux protégeant l'oreille interne contre les agressions sonores. De ce fait, l'oreille interne est laissée sans protection efficace, et donc à la merci de n'importe quel traumatisme sonore. Comme je le dis parfois, vertiges et acouphènes sont une forme de burn-out de l'oreille.

Qui est prédisposé au burn-out ?

Face au burn-out, nous ne sommes pas tous égaux. Le burn-out ne concerne pas toujours une charge de travail trop importante, ou une charge mentale trop importante. Mes observations m'ont amené à définir le profil type des gens prédisposés à faire un burn-out, le voici.

Ce sont des gens qui prennent soin des autres avant de prendre soin d'eux-mêmes, qui ont de la peine à dire non, qui ont horreur des conflits, qui sont serviables avec une touche de perfectionnisme.

Les maladies de l'oreille

Par maladie de l'oreille, j'entends celles qui surviennent surtout pendant l'enfance et vont, si elles sont chroniques ou simplement mal soignées, détériorer le terrain. De plus, les otites surviennent souvent pendant le développement du langage. Si l'on connaît les séquelles des otites sur le développement du langage, on oublie que cela peut aussi concerner l'acquisition des réflexes de protection de l'oreille interne. La combinaison d'un terrain affaibli et d'une diminution des réflexes de protection de l'oreille sont la porte ouverte à de futurs dégâts sur l'oreille interne.

Les otites

Les Otites sont des infections et / ou inflammation de l’oreille. Elle peut atteindre différents niveau l’oreille :

  • L’otite externe comme l’otite du baigneur qui se traduit par une douleur et une inflammation du conduit auditif externe
  • L’otite moyenne qui peut être une otite moyenne aiguë passagère comme une otite moyenne persistante (avec otite séreuse et écoulement de liquide).
  • L’otite interne (labyrinthite) qui est une conséquence d’une otite moyenne mal soignée ou la suite d’un traumatisme

Les Otites touchent le plus souvent des enfants mais elle peuvent se manifester également chez l’adulte.

Le traitement des otites passe généralement par la prise d'antibiotiques et d’antalgiques pour la douleur.

La perforation du tympan

Le tympan, membrane qui fait le lien avec l’oreille moyenne, peut facilement se perforer. Traumatisme sonore, barotraumatisme, insertion d’objet dans l’oreille ou infection, les causes sont variées.

Un fois perforée, la membrane peut se rétablir d’elle même. Dans le cas contraire, il faut passer par une opération chirurgicale pour réparer le tympan.

Les séquelles d'une otite, ou d'une perforation du tympan

Ce que nous avons constaté, c'est une difficulté d'adaptation en environnement bruyant (restaurant, salle de classe, hall de gare...). Cette difficulté d'adaptation se manifeste par des décrochages attentionnels et parfois de l'anxiété.

La maladie de Ménière

La maladie de Ménière est avant tout une atteinte vestibulaire. Le vestibule est la partie de l'oreille interne qui gère l'équilibre. Lorsqu'il est déréglé, va provoquer des crises de vertiges, des acouphènes, des nausées et une perte auditive soudaine.

Selon les chercheurs, cela est dû à un déséquilibre de pression interne causé par une quantité importante d’endolymphe. Le diagnostic parle d'hydrops endolymphatique. Ce qui veut dire qu'il y a une "poche" de liquide, une surpression localisé dans une partie du vestibule.

Le traitement (à base de cortisone), s'il est fait dans la semaine qui suit la perte brutale d'audition, permet en général de récupérer tout ou partie de la perte auditive. S'il n'a pas été fait à temps, notre protocole spécifique LLLT pour la maladie de Ménière peut en venir à bout.

Le "vaccin" Covid et le Covid

Depuis l'arrivée du vaccin Covid et du Covid, je constate qu'environ 1/3 des demandes concernant les acouphènes font suite au vaccin ou au Covid. Lire à ce sujet l'alerte de l'OMS datée du 5 avril 2022. Alors quel rapport entre les deux ? À mon avis, il s'agit d'une intoxication de l'organisme par la protéine Spike, qui peut aussi toucher l'oreille interne. Fait établi, la protéine Spike produite par le vaccin ARNm ne reste pas toujours au lieu d'injection, et peut circuler dans l'organisme. C'est une toxine, que votre corps va avoir de la peine à éliminer. Cela est valable aussi si vous avez attrapé le Covid. Quel rapport entre toxines et acouphènes me direz-vous. On est à mon avis sur un phénomène d'affaiblissement de l'organe par stress oxydatif. La protéine Spike agissant comme un polluant de l'organisme, va augmenter la production de radicaux libres dans les cellules et tissus. Chez certaines personnes, ce stress oxydatif se manifeste au niveau de l'oreille interne, ceci d'autant plus que le terrain a été préalablement affaibli (par exemple à la suite d'otites pendant l'enfance, d'un choc acoustique, ...).

Le stress oxydatif

Le stress oxydatif est un phénomène causé par un déséquilibre entre la production et l’accumulation de radicaux libres (ROS) dans les cellules et tissus, et la capacité de notre corps à détoxifier ces produits réactifs.

En effet, si la présence de ROS crée par notre métabolisme cellulaire est normale, certains facteurs environnementaux, comme les UV, les radiations ionisantes, les polluants, les métaux lourds, le tabac, l’alcool, certains médicaments et produits chimiques, contribuent à augmenter considérablement la production de ROS. Cette grande quantité de ROS ne peut pas être détoxifiée en entier par nos défenses antioxydantes, et ce déséquilibre entraîne des dommages aux cellules et aux tissus. C’est ce qu’on appelle le stress oxydatif.

Le traumatisme crânien, les suites d'un AVC ou d'une opération chirurgicale

Dans le cas d'un traumatisme crânien, l'hypothèse la plus pertinente reste celle d'une compression mécanique. Ceci peut affecter l'oreille interne, le nerf auditif, le nerf vestibulaire ou les réseaux auditifs du cervelet. Même la la compression cesse, certains dégâts persistent. On peut aussi constater que certaines tensions tissulaires persistent.

Concernant l'AVC ou l'opération chirurgicale, il se peut que les nerfs ou le système nerveux soient touchés.

Les manipulations dans la région de la nuque

On constate parfois que les personnes acouphéniques souffrent aussi de tensions dans la nuque et/ ou les mâchoires. On peut aussi constater du bruxisme. En relâchant ces tensions, on a une chance de diminuer l'acouphène. Dans le cadre d'une manipulation chez l'ostéo ou le kiné, c'est sans doute l'effet inverse. La manipulation peut avoir créé une tension dans la région autour de l'oreille/mâchoire/nuque et provoqué des acouphènes.

Le saviez-vous ? Certains médicaments sont ototoxiques

Ils peuvent causer des étourdissements, des vertiges, des nausées ou même modifier la cochlée. L’altération de cette structure de l’oreille interne peut engendrer des acouphènes et une perte auditive temporaire ou permanente.

Les anti-inflammatoires : les salicylates (aspirine), les acides acétiques (indométacine), etc. Les deux composantes les plus connues pour être dommageables sont l’ibuprofène et le naproxène.
Les diurétiques : le furosémide, l’acide étacrinique, etc.
Les médicaments utilisés en cancérologie/hématologie : le cisplatine et ses dérivés.
Les antibiotiques : les aminosides, les macrolides, etc.

En combinaison avec le Ginko Biloba, les risques sont augmentés : à cause de la vasodilatation, ces toxines circulent plus facilement et atteignent les capillaires (petits vaisseaux sanguins) de l'oreille interne.

Vous avez un acouphène, que faire ?

Si vous êtes tombé sur cet article, il est fort probable que vous souffrez d'acouphènes. Ou qu'un de vos proche en souffre. Voici mes quelques conseils que vous pourrez appliquer, en attendant d'éventuellement commencer un programme spécifique.

Première règle : un acouphène signale une oreille interne fragilisée, peu importe la cause. Il est impératif de protéger votre oreille, et de lui éviter tout stress supplémentaire. Il ne vous viendrait pas à l'esprit de porter une lourde charge si vous aviez mal au dos. C'est la même chose pour l'oreille. Restez dans le calme, reposez-vous et évitez le bruit.

Pratiquez plusieurs fois par jour un exercice de relaxation. La cohérence cardiaque est le plus simple : assis sur une chaise, détendez vous, inspirez 5 secondes, expirez 5 secondes. Durée 5 minutes.

N'écoutez pas de "bruit blanc" ou autre son "thérapeutique" le plus souvent trouvé à la va-vite sur YouTube. Cela peut aggraver votre acouphène.

Ne prenez pas de Ginko Biloba, chez certaines personnes cela peut aggraver l'acouphène ou l'empêcher de diminuer naturellement. Surtout en conjonction avec un médicament ototoxique !

N'écoutez pas de musique avec un casque à conduction osseuse. La conduction osseuse des sons peut aggraver l'acouphène et même provoquer des vertiges si utilisé trop souvent.

Arrêtez, dans la mesure du possible, toute exposition aux bruits compressés (visioconférence, téléphone, musique type MP3), voir "sons toxiques".

L'impact des acouphènes sur le psychisme

C'est un point que l'on oublie souvent d'aborder, surtout chez l'ORL. La souffrance de l'acouphénique.

Tout d'abord, il s'agit d'un symptôme qui ne se voit pas. En apparence en tout cas. Du coup, il est très difficile d'obtenir une manifestation d'empathie spontanée. En effet, contrairement à une jambe cassée, si vous n'en parlez pas, personne ne pourra savoir que vous avez un acouphène.

Ensuite, qui n'a jamais souffert d'acouphène ne pourra pas vraiment comprendre l'impact sur la qualité de vie et la souffrance qui en découle. De nouveau, adieu l'empathie ! Se sentir compris est essentiel pour pouvoir évacuer une partie des souffrances vécues. Comme on dit, souffrance partagée diminue de moitié.

Conséquence de cette absence d'empathie, un sentiment de solitude, d'incompréhension et de rejet de l'autre peut s'installer.

Ensuite, comme l'oreille est un organe sensoriel, il y a cette souffrance de perception. Elle peut isoler, taper sur les nerfs et provoquer découragement, anxiété et agressivité. Ce qui fini souvent par isoler l'acouphénique de son environnement social et familial.

Fréquemment, il y a la volonté de combattre l'acouphène. L'acouphénique se lance dans une quête, il va chercher des solutions, ce qui va lui faire traverser des périodes d'espoir et de désespoir. Cela au gré des approches qu'il tentera. Ces humeurs en dent-de-scie finissent par installer un sentiment de "perte de contrôle", source d'agressivité. Cette agressivité peut s'exprimer contre les autres, sous forme de victimisation, mais aussi contre lui-même, sous forme de culpabilité :"qu'ai-je fait pour mériter ça?".

A ce propos, j'ai écrit un article sur ce sujet ici : Les acouphènes, quel impact sur le psychisme ?

Conclusion

Mes observations m'ont amené à voir l'acouphène comme problème multifactoriel, qui a besoin d'un traitement multifactoriel. Quelle qu'en soit l'origine, nous avons une cause physiologique, sensorielle et psychique. Il faut donc traiter les trois ! Les cellules, l'écoute et les émotions. C'est le but des programmes que nous avons mis au point chez Activate.

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